En plus d’apporter des planches à surf et des combinaisons de plongée pour enfants au camp de cette année, mon ami Eddie Donnelan et son collègue Tim Gras, co-fondateurs de la MeWater Foundation, font profiter les enfants de leur expérience de travail avec les jeunes à risque dans la région de la baie de San Francisco. Je connais Eddie depuis longtemps et j’ai fait du bénévolat avec les enfants lorsqu’il a mis sur pied la fondation MeWater à Santa Barbara où je vis. Bien que les enfants de Yakutat soient confrontés à des risques différents de ceux de San Francisco, les bienfaits thérapeutiques d’être dans un environnement naturel ont toujours des retombées.
« Eddie et moi avons commencé à travailler pour une agence de santé mentale il y a 20 ans et nous avons constaté à quel point l’océan et un milieu sauvage peuvent être bénéfiques pour les enfants et les adultes qui vivent des traumatismes ou des défis dans leur vie », explique Tim. Quand on se trouve dans l’océan, les vagues se brisent autour de soi et on doit être dans le moment présent. Il s’agit d’un outil qui permet de se vider l’esprit et d’appuyer sur le bouton de « réinitialisation ». Sans oublier que le surf est toujours une activité récréative. C’est une façon formidable de profiter de l’environnement naturel et ça permet aux jeunes de développer leur confiance et leur indépendance.
Comme les enfants ont hâte d’entrer dans l’eau, Eddie, Tim, moi et quelques autres leur donnons rapidement nos instructions de surf. Finalement, ils partent. Certains des plus jeunes enfants attrapent des planches de surf horizontal et partent en courant. Certains des plus petits vont main dans la main avec un instructeur sur de longues planches et la plupart des enfants plus âgés prennent sans hésitation une planche et pagaient vers le large. Pour bon nombre de ces enfants, il s’agit de la troisième année au camp de surf. Le Yakutat Surf Club, tel qu’il s’appelle officiellement sur les affiches et les t-shirts du camp, a été fondé en 2019 pour aider les enfants de la région à surfer sur les petites vagues incroyables de Yakutat. Gloria me dit que, avant la mise sur pied du camp, certains enfants venaient jouer dans l’eau jusqu’à ce qu’ils commencent à claquer des dents, ce qui peut prendre seulement une heure, même lorsque le temps est ensoleillé.
“LES CALIFORNIENS NE CONSIDÈRENT PAS ÇA COMME UN JOUR DE PLAGE. C'EST DUR ET FROID, ET IL Y A UN PEU DE HOULE - MAIS ON SORT PRATIQUEMENT LES ENFANTS DE L'EAU POUR LE DÉJEUNER.”
Mais, avec des combinaisons de plongée, les enfants sont sur la plage toute la journée. C’est génial de les regarder : Certains sont dans la mer et se font balayer par les vagues, d’autres jouent dans les petites mares d’eau de mer laissées par les marées pendant les huit heures du camp de jour. Pour les gens de la Californie, une telle journée ne serait pas considérée comme une journée à la plage. Le temps est dur et froid et les vagues sont hautes, mais nous devons presque traîner les enfants hors de l’eau pour le dîner, un repas maison fourni par certains parents. Aujourd’hui, c’est un ragoût de porc à l’ananas sur du riz que l’on apprécie autour du feu de bois de grève.

Toute la communauté se manifeste de différentes façons tout au long de la journée, qu’il s’agisse d’aider les enfants à s’habiller le matin, de servir le dîner ou de nettoyer la plage à la fin de la journée. Dans la communauté Tlingit de Yakutat, les enfants sont élevés par toute une ville de tantes et d’oncles, comme le dit Gloria : « Nos enfants sont aimés et élevés par tous. »
Dans les petites villes éloignées, les enfants sont souvent coincés à l’intérieur avec leur téléphone et leurs jeux vidéo. Et la COVID-19 a fait en sorte que de nombreuses activités de loisirs ont été annulées. Grâce au surf, les enfants ont l’occasion de jouer dehors, de rester en contact avec leur culture et de se voir de façon différente.
À la fin de la journée, au moment de ramasser les combinaisons de plongée, les bottillons et les planches avec tous les parents (et les oncles et les tantes), on sent une joie palpable dans les histoires que les enfants racontent sur la journée. Ils rient de s’être fait marteler par les vagues et célèbrent les victoires de chacun. Ils sont épuisés, mais impatients de revenir au camp du lendemain.