COMBINAISONS GAGNANTES
Les chiens sur lesquels Ryan et la plupart des meneurs comptent sont les huskies d’Alaska, un mélange de husky de Sibérie, de lévriers anglais et de braques allemands à poils raides, élevés pour s’accomplir par temps froid et tirer sur de longues distances. Ils sont plus petits que ce à quoi on pourrait s’attendre. Plus minces. Un « chien de travail », comme le dit Ryan. Et ils travaillent ensemble en équipe.
Quatorze chiens tirent le traîneau de Ryan comme s’il s’agissait d’un seul chien. Ils sont attachés ensemble dans une ligne d’équipe. Et, bien que les meneurs puissent choisir une variété de configurations, Ryan court avec deux chiens de tête et un seul chien de barre, celui qui est le plus près du traîneau. Les deux premiers chiens de tête réagissent aux commandements : « Gee » à droite. « Haw » à gauche. Les deux prochains chiens de la ligne sont les chiens de pointe qui portent l’élan du traîneau dans la bonne direction. Enfin, les chiens de barre, ceux qui sont juste en avant du traîneau, aident à maintenir le traîneau sur les pistes difficiles.
Comme pour n’importe quelle équipe, Ryan recherche la chimie. « Ils sont tous différents », dit Ryan. « Et ils nous ressemblent beaucoup plus que l’on pourrait le penser. J’aime jumeler des chiens qui travaillent bien ensemble. Ils se sentent liés à leur partenaire de course. Si la visibilité est faible et que l’un des deux ne voit pas bien la piste, l’autre prendra le relais. »
LE SUPERBEOWL POUR LES CHIENS DE TRAÎNEAU
Il n’y a pas de saison morte lorsque l’on essaie de préparer des chiens pour une course de 1 600 km sur les terrains les plus exigeants et avec les températures les plus rigoureuses sur la planète. L’entraînement commence en octobre, lorsque le pelage des chiens est mince, et il se poursuit jusqu’en mars. « Mon objectif est de courir environ 5 600 km pendant cette période », dit Ryan. Les courses d’entraînement vont de 8 km par jour jusqu’à ce que l’équipe ait parcouru de 64 km à 96 km d’ici l’Action de grâce.
Comme pour tous les athlètes, l’alimentation est importante. Au début de la saison d’entraînement, Ryan nourrit les chiens avec des croquettes sèches. Au fur et à mesure que les kilomètres augmentent, il ajoute du bœuf haché, du saumon et du poulet. Les jours de course, les chiens mangent entre 10 000 et 12 000 calories, soit environ le double de la quantité de nourriture consommée par le joueur moyen de la NFL. Pour apporter toute cette nourriture sur la piste, il est nécessaire d’expédier par avion 900 kilos à l’avance et de répartir la nourriture le long des points de contrôle.
Le parcours de l’Iditarod suit une ligne nord-ouest en dents de scie à travers l’Alaska, de Seward à Nome. Les chiens et leurs meneurs parcourent plus de 1 600 km de terrain souvent dépourvus de pistes à des températures qui peuvent descendre sous les -50 degrés – trop froides pour faire fonctionner le propane. Presque trop froides pour penser. Au cours des huit jours habituellement nécessaires pour terminer la course, les chiens de Ryan utilisent 1 400 paires de bottillons protecteurs. La nuit, les chiens se couchent sur de la paille sèche et dorment sous des manteaux. Le simple fait de terminer l’Iditarod est une victoire. Les vainqueurs sont considérés comme des légendes à travers l’Alaska.
TOURS DE VICTOIRE
La carrière d’un chien Iditarod dure environ cinq ans avant qu’il ne soit temps d’accrocher le harnais. Ryan possède actuellement environ 60 chiens dans des chenils bien entretenus. S’il pouvait garder les garder tous, il le ferait. Lorsqu’il est temps pour un chien de prendre sa retraite des courses, Ryan collabore avec un réseau de familles d’accueil – des personnes qui aident les chiens à s’acclimater aux maisons et qui leur trouvent ensuite des familles permanentes qui s’occuperont d’eux. « Cette partie est difficile pour moi, mais elle est facile pour les chiens », dit Ryan. « Ils aiment déjà les gens et ils sont tellement gentils qu’ils font d’excellents chiens de famille. Je les vois par FaceTime de temps à autre. Ils sont maintenant plus gras et plus paresseux, mais ils sont toujours heureux, et c’est tout ce qui compte pour moi. »